10 milliards d'économies : le MR veut réduire les dépenses plutôt qu'augmenter les impôts
Le prochain conclave budgétaire fédéral s'annonce déterminant. Le MR défend une ligne claire : agir sur les dépenses publiques et stimuler la croissance, plutôt que d'augmenter les impôts.

Le prochain conclave budgétaire fédéral s'annonce déterminant.
Le gouvernement doit trouver 10 milliards d'euros d'ici 2029 pour remettre les finances publiques sur une trajectoire plus soutenable. Un exercice qui risque une nouvelle fois de mettre les partenaires de la majorité face à des choix difficiles.
Pour Georges-Louis Bouchez, président du MR, une chose est toutefois claire : il ne faudra pas reproduire les mêmes négociations que l'année dernière, où chaque parti était venu défendre ses propres marqueurs.
« Si tout le monde revient avec ses petits symboles, on est parti dans la même direction que l'année passée. »
Lors d'un rassemblement de militants du MR à Braine-l'Alleud, le président libéral a présenté la ligne que son parti souhaite défendre dans les prochaines négociations : agir sur les dépenses publiques et créer les conditions nécessaires à davantage de croissance économique.
Réduire le train de vie de l'État
Pour le MR, l'équation ne doit pas se résoudre principalement par de nouvelles taxes.
Le parti s'oppose notamment à une augmentation de la TVA et défend une réduction du « train de vie » de l'État.
La question est donc simple : où trouver les économies ?
Georges-Louis Bouchez affirme que le MR présentera prochainement au gouvernement un « plan pour la croissance », comprenant une trajectoire chiffrée qui viserait 16 à 17 milliards d'euros d'économies, tous niveaux de pouvoir confondus, sans augmentation d'impôts.
Le plan devrait notamment s'articuler autour de plusieurs axes : la dérégulation, la baisse de la fiscalité et le renforcement de la formation.
L'objectif est de permettre à l'économie de créer davantage de richesse, tout en réduisant progressivement les dépenses publiques.
Moins de règles, plus de croissance ?
Parmi les propositions avancées figure notamment une volonté de simplifier les règles et de réduire la charge administrative.
Georges-Louis Bouchez résume cette approche avec une formule volontairement provocatrice :
« Aujourd'hui, le ministre le plus utile est celui qui supprime des textes ! »
L'idée défendue est que trop de règles et de procédures peuvent freiner les entreprises, les indépendants et l'activité économique.
À cela s'ajoute la volonté de renforcer la formation, afin de mieux répondre aux besoins du marché du travail.
Où réaliser les économies ?
Le président du MR a également évoqué plusieurs secteurs dans lesquels des économies pourraient, selon lui, être réalisées.
Il cite notamment les soins de santé, où il estime qu'il existe des abus et que le paysage hospitalier reste trop important.
Il évoque également le statut BIM, et notamment la nécessité de mieux contrôler certaines situations lorsque l'accès à l'intervention majorée repose sur une automaticité.
Autre chantier évoqué : le fonctionnement des pouvoirs publics et du monde politique lui-même.
Le MR défend notamment une réduction du nombre de députés et de ministres, la suppression des provinces et une réforme de la fonction publique.
L'intelligence artificielle pourrait également, selon cette approche, contribuer à revoir certaines méthodes de travail et à améliorer l'efficacité des administrations.
Et la fiscalité ?
C'est probablement l'un des principaux points de tension du prochain conclave.
Le MR maintient son opposition à une hausse de la TVA ou à une augmentation générale de la pression fiscale.
Georges-Louis Bouchez rappelle également que l'accord de gouvernement prévoit qu'une large majorité de l'effort budgétaire doit provenir de réformes structurelles, tandis qu'une partie seulement peut reposer sur une contribution fiscale des revenus les plus élevés et de certains autres revenus.
Pour le président du MR, cette limite doit être respectée.
Le débat est donc appelé à être intense : faut-il chercher davantage de recettes ou réduire davantage les dépenses ?
Un choix de modèle
Derrière ces négociations budgétaires se trouve finalement une question plus large : quel État voulons-nous ?
Pour le MR, la réponse passe par un État moins lourd, moins complexe et plus efficace.
Cela implique de remettre en question certaines structures, certaines dépenses et certaines politiques publiques, mais également de mesurer leur efficacité.
Le raisonnement est le suivant : augmenter continuellement les dépenses publiques ne garantit pas nécessairement une amélioration proportionnelle des services rendus aux citoyens.
L'objectif affiché est donc de réduire les dépenses, stimuler la croissance et diminuer progressivement la pression fiscale, plutôt que de chercher systématiquement de nouvelles recettes.
Les prochains mois permettront de voir jusqu'où cette ligne pourra être défendue au sein de la majorité.
Car comme l'a résumé Georges-Louis Bouchez devant les militants : les six prochains mois seront déterminants pour le bilan des différents gouvernements.
Entre une nouvelle série de compromis à la marge et une véritable réforme structurelle, le choix devra être posé.




